Bénéficier d’une réduction pour les groupes de +2 personnes de la même entreprise.
Gouvernance ricky-span today17/08/2026
Dans vingt-cinq jours, le premier volet réellement opposable du Cyber Resilience Act entre en application. Le 11 septembre 2026, tout fabricant d’un produit comportant des éléments numériques mis à disposition sur le marché européen devra signaler, sous vingt-quatre heures, toute vulnérabilité activement exploitée dans ce produit, ainsi que tout incident grave affectant sa sécurité.
L’échéance est passée largement inaperçue pendant l’été, pour une raison simple : le CRA est associé dans les esprits au marquage CE et à décembre 2027. C’est exact pour les exigences essentielles de l’annexe I. Ça ne l’est pas pour le signalement, qui arrive quinze mois plus tôt et sans période transitoire — y compris pour les produits déjà commercialisés.
C’est la première question à trancher, et beaucoup d’organisations la tranchent trop vite dans le sens qui les arrange.
Le CRA vise les opérateurs économiques qui mettent à disposition sur le marché européen un produit comportant des éléments numériques : logiciel, application, équipement connecté, composant matériel capable de communiquer avec un appareil ou un réseau. Une entreprise qui se contente d’utiliser un ERP, un pare-feu ou un service cloud n’est pas fabricant à ce titre.
En revanche, deux profils basculent plus souvent qu’ils ne le pensent. Celui qui distribue un produit sous sa propre marque, même s’il ne l’a pas développé. Et celui qui édite un logiciel métier vendu à des clients — y compris un outil interne devenu commercialisable, y compris un logiciel industriel de supervision. Le règlement ne fait pas de distinction entre un automate et le logiciel qui le pilote.
Le logiciel libre développé et distribué sans finalité commerciale est exclu, et un développeur individuel n’est pas un fabricant. Les fondations qui portent durablement des projets open source à visée commerciale relèvent d’un régime allégé propre.
Le mot important est exploitée. Une vulnérabilité connue, même critique, même avec un score élevé, ne déclenche pas l’obligation tant qu’il n’existe pas d’élément indiquant qu’elle est exploitée en conditions réelles. Elle relève du processus de gestion des vulnérabilités ordinaire.
Ce qui doit être signalé, c’est la vulnérabilité activement exploitée dans le produit, et l’incident grave ayant une incidence sur la sécurité du produit. Deux catégories distinctes, deux délais de rapport final différents.
Le second mot important est prise de connaissance. Les vingt-quatre heures ne courent pas à partir de la publication d’un CVE ou de la disponibilité d’un correctif, mais du moment où le fabricant a connaissance du fait. Cela déplace le sujet : l’enjeu opérationnel n’est pas le formulaire, c’est la capacité à dater cette prise de connaissance et à la faire remonter au bon interlocuteur dans la journée. Un signalement qui arrive par le support client un vendredi soir consomme le délai avant même que quiconque en ait pris la mesure.
Aucun de ces points ne demande un projet. Tous demandent une décision.
Par deux canaux.
Le premier est un flux d’information amont. À partir du 11 septembre, vos fournisseurs d’équipements et vos éditeurs sont tenus de signaler ce qu’ils constatent d’exploité. Une partie de cette information redescendra vers vous, plus vite et plus formellement qu’aujourd’hui. Encore faut-il que quelqu’un chez vous la reçoive et sache quoi en faire — c’est-à-dire disposer d’un inventaire des produits et de leurs versions permettant de savoir, en lisant l’avis, si l’on est concerné.
Le second est contractuel. La rapidité de signalement devient un critère opposable au fournisseur. Les clauses de sécurité qui se contentent aujourd’hui d’une notification « dans les meilleurs délais » gagnent à être alignées sur les délais du règlement, au moins pour les fournisseurs critiques. Les renouvellements de l’automne sont le bon moment.
Il ne déclenche pas le marquage CE. Il n’impose pas la documentation technique de l’annexe I, ni la déclaration UE de conformité, ni l’évaluation par un organisme notifié. Tout cela reste au 11 décembre 2027 — une échéance nettement plus lourde, qui suppose un travail sur la conception des produits et non sur un processus.
Il ne dispense pas non plus des autres régimes. Une vulnérabilité exploitée qui entraîne une violation de données personnelles reste soumise à la notification RGPD, avec son propre délai et son propre destinataire. Les deux obligations coexistent, ne se substituent pas, et n’ont ni le même déclencheur ni la même autorité.
Enfin, il ne concerne pas un futur lointain. Un éditeur français de taille moyenne qui apprend le 15 septembre qu’une faille de son produit est exploitée chez un client a jusqu’au 16 pour émettre son alerte. La question n’est pas de savoir si le cas se présentera, mais qui, ce jour-là, aura la main.
Written by: ricky-span
Gouvernance Cyberdian
Le 2 août 2026 devait être la date à laquelle les systèmes d’IA à haut risque de l’annexe III — recrutement, gestion du personnel, accès aux services essentiels — entraient ...
Bénéficier d’une réduction pour les groupes de +2 personnes de la même entreprise.

1-3 Rue d’Enghien
75010, Paris
France
Recevez les actualités du site Cyberdian.
Depuis 2017 @Cyberdian Tous les droits réservés.