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Tests de restauration : comment les mener pour qu’ils servent à quelque chose

Interface de supervision abstraite

Source : Pixabay (licence libre de droits)

« Nos sauvegardes sont testées » figure dans presque tous les questionnaires. Dans la majorité des cas, le test consiste à restaurer un fichier isolé, ce qui ne prouve à peu près rien.

Un test de restauration crédible répond à une seule question : combien de temps pour redevenir opérationnel, et avec quelles pertes ?

Les trois niveaux de test

Niveau 1 — Restauration unitaire. Un fichier, une boîte aux lettres. Vérifie que la sauvegarde est lisible. Utile, insuffisant.

Niveau 2 — Restauration système. Un serveur complet sur une infrastructure de remplacement, avec vérification que l’application démarre et fonctionne. C’est le minimum crédible.

Niveau 3 — Restauration de service. Une chaîne applicative entière, avec ses dépendances, jusqu’à ce qu’un utilisateur métier confirme que le service rend le service. C’est le seul niveau qui valide vraiment un RTO.

Beaucoup d’organisations déclarent un niveau 3 en ayant pratiqué un niveau 1.

Ce qu’il faut mesurer

Ces mesures alimentent directement le bilan d’impact et le dimensionnement du plan de reprise.

Le scénario qu’il faut oser tester

La plupart des tests supposent que l’infrastructure existe encore et que les comptes d’administration fonctionnent.

Le scénario réaliste aujourd’hui est différent : l’annuaire est compromis, les comptes d’administration ne sont plus fiables, une partie des serveurs doit être reconstruite depuis zéro.

Questions à se poser dans ce cadre :

Ce dernier point est le plus délicat, et découle directement de la durée de présence d’un attaquant.

Organiser le test

Annoncé ou surprise ? Les deux ont leur usage. Un test annoncé valide la procédure. Un test surprise valide la capacité réelle — disponibilité des personnes, accessibilité de la documentation. Alterner est une bonne pratique.

Sur une infrastructure de remplacement, jamais en écrasant la production.

Avec un observateur qui note les blocages sans intervenir. C’est lui qui produira la valeur du test.

Avec un métier pour valider que le service restauré est réellement utilisable.

Ce qu’il faut consigner

Un compte rendu daté indiquant le périmètre testé, le scénario, les temps mesurés, les écarts constatés et les actions correctives avec échéances.

C’est ce document que demanderont l’auditeur ISO, l’assureur — voir ce que l’assureur vérifie — et l’autorité de contrôle. Un test réussi non documenté n’existe pas.

À quelle fréquence

Niveau 1 : mensuel, automatisable. Niveau 2 : trimestriel sur un système tournant. Niveau 3 : annuel au minimum, et systématiquement après un changement majeur d’architecture.

La règle qui compte : tout système ajouté au périmètre critique doit avoir été restauré au moins une fois avant d’être considéré comme couvert.

Sources

Aller plus loin

Ces tests s’inscrivent dans une démarche de continuité que nous accompagnons en gouvernance, risques et conformité, et dans notre maintien en condition de sécurité.

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