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Ce qui reste sur le matériel que vous sortez du parc

Poste de travail consultant

Source : Pixabay (licence libre de droits)

Le renouvellement d’un parc informatique est traité comme un sujet d’achat et de logistique. Le volet sécurité se résume le plus souvent à une ligne dans le bon de reprise : « effacement des données ». Personne ne vérifie ce que le prestataire entend par là, ni ce qui se trouvait sur les machines.

C’est l’une des rares fuites de données qui se produit sans attaquant, sans intrusion, et sans que l’organisation ne s’en aperçoive jamais.

Cinq méthodes, dont deux qui ne font rienEffacement logiqueSupprimer les fichiers, vider la corbeille.ne détruit rienFormatage rapideRéinitialise la table des fichiers, pas les données.ne détruit rienRéécriture complètePasse sur toute la surface adressable.valable sur disque magnétiqueEffacement cryptographiqueDétruit la clé : les données restent, illisibles.adapté aux disques chiffrésDestruction physiqueBroyage ou déchiquetage, avec certificat.seule option pour média défaillantSur un disque à mémoire flash, la réécriture n’atteint pas les blocs mis de côté par le contrôleur.
Le choix de la méthode dépend du support, pas du niveau de confidentialité perçu. Source : NIST SP 800-88, Guidelines for Media Sanitization.

Pourquoi le formatage ne suffit pas

Supprimer un fichier ne l’efface pas : le système marque l’espace comme réutilisable et retire l’entrée de l’index. Les données restent en place jusqu’à ce qu’autre chose les recouvre — ce qui peut ne jamais arriver. Un formatage rapide fait la même chose à l’échelle du volume.

La récupération ne demande aucune compétence particulière : les outils sont gratuits, documentés, et fonctionnent en quelques minutes. C’est précisément ce que font les acheteurs de matériel d’occasion qui s’intéressent à autre chose qu’au matériel.

Deux subtilités techniques comptent, et elles inversent les réflexes habituels.

Sur un disque à mémoire flash, la réécriture complète est peu fiable. Le contrôleur répartit l’usure sur les cellules et conserve des blocs de réserve que le système d’exploitation ne peut pas adresser. Des fragments survivent à un effacement qui semble complet. La méthode adaptée est la commande d’effacement sécurisé intégrée au support, ou l’effacement cryptographique.

Sur un disque chiffré, détruire la clé suffit. Les données restent physiquement présentes mais deviennent inexploitables. C’est instantané, applicable à grande échelle, et c’est le meilleur argument pour chiffrer les postes dès leur mise en service : cela transforme la fin de vie d’un chantier en une opération de quelques secondes.

Le matériel qu’on oublie

L’inventaire de fin de vie se limite presque toujours aux postes et aux serveurs. Cinq catégories échappent au processus, et elles ne sont pas les moins fournies.

Ce que la réglementation impose

Le RGPD ne prescrit pas de méthode, mais il impose deux choses qui s’appliquent directement.

La durée de conservation d’abord : des données conservées sur un support sorti du parc et jamais effacé restent des données traitées, au-delà de la durée déclarée dans votre registre. L’écart est facile à constater lors d’un contrôle.

La sécurité du traitement ensuite, au titre de l’article 32 : la protection doit être appropriée au risque, ce qui inclut la fin de vie du support. Une donnée correctement protégée pendant cinq ans puis revendue sur une plateforme d’enchères n’a pas été protégée.

Le cas du prestataire mérite attention : la reprise de matériel par un tiers qui procède à l’effacement constitue un traitement pour votre compte. Cela suppose un contrat de sous-traitance, des garanties écrites sur la méthode employée, et un certificat de destruction ou d’effacement par lot. Un bon de reprise mentionnant « données effacées » sans préciser la méthode n’a pas de valeur probante.

Le processus, en quatre points

Un test qui prend une heure

Avant de refaire le processus, prenez une machine sortie du parc et pas encore évacuée, et branchez son disque sur un poste d’analyse. Ce que vous y trouverez donnera la mesure du sujet plus efficacement qu’une note de synthèse — et c’est l’argument qui débloque le budget de destruction certifiée.

Sources

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